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Il faut qu’on en parle. Pourquoi entend-on partout parler de l’éducation positive (et « bienveillante ») avec tout son lot d’outils, et de théories pour l’appliquer avec ses enfants, alors que lorsqu’un aborde n’importe quel (ou presque) sujet lié à la parentalité, aucun de ces principes n’est appliqué. Ça ne serait donc qu’avec les enfants ? Parce qu’on est parents alors on est pas en plein apprentissage d’un rôle tout nouveau pour lequel chaque jour est une nouvelle aventure ?
On est d’accord que ça n’a aucun sens … Ok, on est adultes, on comprend mieux le monde, on maîtrise mieux nos émotions, toussa²… Ça n’empêche rien. Et bien que les réseaux sociaux soient le repère de la facilité à l’attaque gratuite de par sa distance et son quasi-anonymat, il serait peut-être temps d’utiliser la consonance « sociale » du mot en question pour se serrer les coudes plutôt que de se taper dessus.

J’ai voulu partir d’une base bien écrite (https://www.parentalitezen.com/piliers-parentalite-positive/) pour oser lancer le concept qu’on mérite, nous les parents en formation continue, en perpétuelle remise en question avec aucune idée toute faite, ni l’envie de châtier toute personne n’étant pas du même avis que nous.
(Je garde volontairement de grosses bases pour bien illustrer que ça peut s’appliquer tel quel, si peu qu’on en ait envie … ;))

Les 5 piliers de l’éducation … Parentale !

1. Une éducation affective

L’idée est surtout de répondre aux besoins fondamentaux de l’autre parent. Cela peut être des besoins affectifs, des besoins physiologiques ou sociaux.

Physiologiques :
#1 Boire et manger : Bon… Là-dessus on devrait pouvoir s’en sortir tout seul.

#2 Dormir : Tous les jeunes parents dorment bien, arrêtez-tout, ce n’est qu’un mythe, ça, le parent qui ne dort pas assez (https://www.topsante.com/maman-et-enfant/accouchement/apres-l-accouchement/les-parents-perdent-44-jours-de-sommeil-dans-lannee-qui-suit-la-naissance-de-beb-44365)
Plus sérieusement, n’oublions pas, nous qui avons des enfants maintenant un peu plus grands et qui sont capables de nous laisser dormir décemment, que ce n’est pas le cas de tout le monde, et que chaque enfant peut avoir des répercussions plus ou moins importantes sur la fatigue de ses parents. Un peu de compassion sur la capacité à tout gérer correctement en pleine crise de fatigue serait la bienvenue … 😉

#3 Être en mouvement : Quand on est parent, on court partout. Donc ici, on ne devrait pas avoir de problème. Mais au final, combien de fois c’est pour soi ? Très peu. Donc peut-être qu’une décharge d’énergie, du sport par exemple, qu’on a plus le temps/les moyens/l’énergie de faire (que j’entende personne dire « Si on veut, on peut » ou je l’étrangle) serait salvatrice, mais malheureusement hors d’atteinte.

#4 Les toilettes : On va vraiment aller jusqu’à imaginer des parents incontinents …? Bon autant citer un truc que j’ai lu aujourd’hui pour les parents qui flippent pendant la course à la propreté de leurs enfants : « T’as déjà vu un adulte pas propre, toi ? ».

Affectifs :

#5 Être aimé : Double tranchant. Les enfants sont à la fois les êtres les plus aimants (dans le sens « aimer », hein, pas « aimant » qui nous colle tout le temps ! Quoique …) et les plus ingrats sur ce point. Concernant les autres parents, dans ce monde bien trop binaire, on ne fait jamais l’unanimité, et du coup le ratio de personnes nous faisant clairement sentir qu’on est pas aimés est relativement important. Est-ce que tu t’en fiches, toi, de ceux qui ne t’aiment pas ? Oui ? Moi aussi, mais ce n’est pas le cas de tout le monde, et ça serait chouette d’imaginer qu’on puisse avoir une empathie maximale pour ces personnes autant qu’ils aimeraient plaire à tout le monde.

#6 Autonomie : Tu le vois galérer. T’y es arrivé toi, à gérer ça. Mais tu as pensé à lui demander s’il avait besoin de ton aide ? S’il avait envie que sa fierté et son ego se retrouvent lapidés sur une place publique avec un certain nombre de spectateurs ? (Et pense un peu à toi, la probabilité de te faire rentrer dedans ou de te prendre une mandale reste assez élevée …)
Ce parent veut apprendre par lui-même, comme il a appris tout ce qu’il sait déjà. S’il a besoin d’aide, il viendra la demander (ou il utilisera l’application TransParents, mais bon … Il va falloir encore un peu patienter avant qu’elle ne voit le jour … ;)). Laisse le s’affirmer et découvrir ces aspects pas toujours évidents du rôle parental. Bien que l’ego soit probablement plus développé que chez un enfant, la résiliation et les aveux de nécessité de main tendue lui sont théoriquement plus accessibles …!

#7 Équilibre : Parent, Enfant (bah oui, aussi …!), Femme/Mari/Conjoint(e)/Concubin(e), Frère et/ou Sœur, Employé ou Employeur, Sportif ou Artiste, Cuisinier, Nettoyeur, Agent de pressing, Taxi, Professeur, Élève, et peut-être encore bien d’autres… Pas facile de trouver le bon équilibre entre tous ces rôles, non ? Alors même si on est forts la plupart du temps, si on ne se sent pas bien dans un de ces rôles, bah… Ca peut impacter les autres malheureusement. Un peu de tolérance et de compréhension là-dessus nous ferait du bien. A tous.

#8 Estime de soi : Comment veux-tu qu’un parent accablé et qu’on traite de « bon à rien » ou de « mauvais » parent puisse réussir à éduquer ses enfants dans un modèle différent ? Il serait temps de souligner beaucoup plus ce que les autres font de bien, et de s’en inspirer, plutôt que de chercher continuellement à chercher ce qu’ils font de travers. Allez, un petit effort, c’est vraiment pas compliqué, je suis convaincu que la quasi-totalité des parents font réellement de leur mieux. Et tant pis s’ils ratent des trucs, on en rate tous. Puis on comprend de nos erreurs et on s’améliore. On ne prend pas conscience des mêmes choses en même temps. Tu sais, le fameux « Chacun sa zone de talent… » peut s’appliquer aux parents aussi, non ? 😉

Sociaux :

#9 Se différencier : Je ne connais que des parents qui ne diraient clairement pas non à être « le meilleur parent » pour leurs enfants. Avec toujours un truc de différent des autres. On arrête pas de progresser partout dans les luttes contre les différences, pourquoi ne devrait-on pas en faire autant chez les parents ? « On ne fait pas comme ça, nous ? » Et alors ? Si ça leur convient bien, c’est peut-être ce qui leur fait se sentir uniques en tant que parents et toute la famille adore !

#10 Liberté : Et si on pouvait être libres de voir « gris » dans ce monde de noir et blanc ? Et si on pouvait être « poutre » (« pour » ET « contre ») ? Faisons-nous confiance comme on devrais se faire confiance à soi-même. Laissons-nous tranquilles et essayons de nous comprendre si on s’intrigue. En sachant qu’on peut être libre de faire comme on le sent, sans être pointé du doigt, ça nous donnera sûrement l’occasion de le partager à tous si ça marche aussi bien qu’on le souhaite !

2. Des structures et des orientations

C’est nous qui les mettons en place, donc ça on connaît. Par contre, dès qu’il y a un seul truc qui coince dans l’organisation ou dans les règles, c’est pour bibi. Faut tout revoir, tout réfléchir, trouver une alternative, une solution de remplacement, et adapter tout le reste. Pression maximale.
Dans ce monde en perpétuel changement où tout va de plus en plus vite, comment veux-tu encore croire que nous, parents, puissions avoir une stabilité suffisamment pérenne pour être serein et en bonne santé mentale constante ? Donc, si Juvabien… Sinon, c’est la déprime.

3. Une reconnaissance par la communication

Est-ce que ça paraît si compliqué d’envisager un « Tiens, des astuces pour ne pas péter un plomb…! Je suis sûr que petit à petit tu y arriveras ! » au lieu d’un « De toute façon t’es trop nerveux, laisse tomber, les gosses, c’est vraiment pas fait pour toi »…?
Sans compter le cas pas des parents au foyer ou des assistants maternels, voire des professeurs, pour lesquels leur rôle est très souvent dénigré, comme s’il était absolument normal qu’il soit bien fait, et que voir les enfants grandir en étant heureux devaient être leur suffisante récompense. Stop. Alors oui, il y a de ça, bien évidemment…! Si on était tous payés en « valeurs humaines », c’est probablement c’est « jobs » là qui seraient les mieux rémunérés, à l’inverse justement du système salarial actuel … Mais ne généralisons pas ! Ce n’est pas toujours valable, bien entendu.
Quoiqu’il en soit, il est recommandé, nécessaire, voire impératif, d’être enfin positifs lorsqu’on échange entre parents ! On le sait qu’on ne fait pas tout bien ! Mais on en fait des trucs bien ! On essaye de se concentrer là-dessus avec nos enfants … Faisons-le entre nous !

4. Un développement de l’autonomie

On en parle dans le premier pilier, mais il est extrêmement important ! Un parent apprend jour après jour, enfant après enfant (Oui, oui, tout ce qu’on croit connaître pour un enfant est totalement remis en question par le suivant …!), alors autant le laisser faire ses propres expériences ! N’est-il pas bien plus formateur de tester des choses avec ses enfants pour constater que ça ne fonctionne pas, pour en changer ? Plutôt que de se faire bourrer le crâne à coup de grandes études psychologiques et d’applications théoriques de notions dont on n’a parfois même pas capté ni le sens ni l’intérêt ?
N’y a-t-il pas mieux qu’un parent lui-même pour savoir ce qui est de mieux pour lui et pour ses enfants ? On n’a pas conscience du contexte, de la situation dans lesquels se passent les choses. Il y a tant d’éléments à prendre en compte qu’on ne saurait se mettre à la place de quelqu’un. Les premiers pas vers l’autonomie parentale, ce sont l’empathie et la confiance.
D’un côté, on ne va pas aider ou conseiller quelqu’un qui ne veut pas de cette aide, ou tout du moins, qui n’en a pas encore ressenti le besoin !
De l’autre, on pourra alors prendre conscience de toute les potentielles solutions et de toute l’expérience qui se trouvent à notre disposition, si tant est qu’on veuille bien oser demander de l’aide. « Vas-y, essaie ! Si ça ne marche pas, dis-le moi et on voit si je peux t’aider ! » C’est pas ça, qu’on conseille à nos enfants …? 😉

5. Une éducation non violente

L’idée est de résoudre les problèmes ensemble, sans accuser. On parle avant tout de ce que ressent l’autre, puis on discute des solutions ensemble. On ne s’agresse pas, et on fait en sorte de comprendre que l’autre parent a un vécu, une situation, qui nous dépassent, et qu’on n’a absolument aucun droit de juger sur ce qui est bon ou non pour lui, ni pour ses enfants. Si on arrête ça, on pourra très certainement ouvrir des discussions et nous aider à nous faire prendre conscience que l’on a probablement tort sur tel ou tel point. Ce n’est pas à coup d’interdiction et d’interjections verbales virulentes qu’on va donner envie à l’autre d’écouter ce qu’on aimerait lui dire, pour son bien, pour l’aider. D’ailleurs, si on a pas envie de l’aider, ou de faire en sorte d’accepter les différences pour grandir soi-même, on se tait et on part critiquer dans notre coin plutôt que de ne respecter absolument aucun des fondamentaux évoqués ici …

En résumé, l’éducation parentale permet d’avoir des parents qui réussissent mieux. Ils sont plus heureux quand les autres parents :

Sont agréables et ouverts d’esprit
Échangent sur leurs expériences avec curiosité et envie d’apprendre autant dans un sens que dans l’autre
Font preuve d’empathie et de confiance sur le fait que chaque parent fait de son mieux
Partagent leurs points de vue, et expliquent comment ils s’y prennent, avec des cas concrets, plutôt que de lancer des théories pas toujours tangibles
Pointent bien plus les réussites et les progrès que les échecs et les ratés

Parce que j’ai tout à croire que l’éducation parentale est LA clé qui nous permettra tous d’accéder quelque part au bonheur et à la sérénité familiale.
Parce que je crois infiniment en la faculté de chaque parent à être meilleur jour après jour, et en sa volonté de toujours faire de son mieux.
Parce que tout ceci n’existe encore que bien trop peu.
Parce que j’aimerais que l’on puisse tous être TransParents …

Vive les enfants, Vive les parents, et Vive l’éducation !